Bon, la chieuse comptait voir son copain Champignon ce soir (en clair, son petit ami). Mais apparemment, pour des raisons encore obscures, ce dernier est bien trop fatigué pour la
voir.
[ah……. soupir, quelle chance de vivre indépendamment. Profite Champi, Profite… ne te
laisse pas avoir comme moi].
Assez déçue suite à ce coup de téléphone lui annonçant la terrible nouvelle, elle entre dans le salon et déclare : « Fait chier ! (lourd silence)…. j’me ferai bien un bon p’tit apéro moi ce soir ».
Lorgnant vers Poulpy puis vers moi, elle nous demande abruptement : « il reste du passoa ? ».
Etant en parti chargé de la gestion des ressources enivrantes du clos où nous vivons, je suis au regret de lui annoncer que les réserves se font rares en ce moment et que les temps sont durs pour tout le monde.
« Y a des bières quand même ! Non ? » Poursuit-elle.
Le Poulpe se hasarde à donner quelques chiffres : « je crois qu’il y en a 4 ou 5 au frigo » puis se replonge dans les aventures trépidantes de Doug et Amy, un harlequin à deux balles trouvé dans une salle d’attente.
Il est stupéfiant de constater à quel point l’évocation d’un stock de bières peut illuminer à ce point le visage de La Chieuse. Cependant, ne voulant pas lui laisser de faux espoir, je rectifie immédiatement les données erronées fournies par Poulpy.
« Plus qu’une bière ?! » s’écrie La Chieuse visiblement furieuse !
(Lourd silence…)
Prenant son courage à deux mains, elle prend son sac à main puis lance : « bon ok, je vais faire quelques courses ».
Elle déchire rageusement une feuille qui avait la mauvaise idée de traîner près d’elle puis énumère tout en notant : « passoa…. jus d’orange…. bières…. vin….. ».
A ce dernier mot, elle lance un regard interrogateur à Poulpy qui aussitôt réplique innocemment : « je m’en fous moi j’en bois pas ».
Elle se tourne alors dans ma direction. Ne sachant quoi répondre, je bafouille légèrement avant
d’être contraint, plus ou moins implicitement, de répondre : « heu…….bein, c'est-à-dire que,……..(silence gênant)……. pourquoi pas… ».
Suite à ça, La Chieuse se lève puis quitte la pièce en claquant bruyamment la porte.
Le Poulpe me lance un regard de compassion.
(Soupirs)
Et devinez qui va trinquer dans l’histoire ?
